Depuis la fermeture des écoles le 16 mars dernier, le SNUASFP FSU est resté mobilisé pour porter la voix des personnels sociaux auprès de notre administration. A travers les nombreux échanges avec les secrétaires académiques et départementaux de vos sections locales du SNUASFP FSU, nous avons pu, le plus fidèlement possible, retranscrire les conséquences de cette crise sur nos missions et nos conditions de travail.

La mise en œuvre précipitée d’une forme de télétravail ne s’est pas faite sans difficulté. Dès l’annonce de la fermeture des écoles, nous avons interpelé le ministre sur la nécessaire bienveillance que la période impose. Nous avons pu lui exprimer de vive voix nos attentes du moment lors d’une audience en visioconférence le 30 mars, rappelant le rôle essentiel assuré par nous personnels sociaux et anticipant déjà sur la nécessité de prévoir des moyens supplémentaires pour faire face aux conséquences sociales à l’issue du confinement.

Le SNUASFP FSU a eu une nouvelle audience ministérielle le 29 avril sur les conditions de réouverture des écoles et l’élaboration du protocole sanitaire, suivi d’une autre audience en multilatérale avec les représentants des personnels sociaux et de santé. Lors de ces deux audiences, le SNUASFP FSU a posé les conditions nécessaires à un retour sécurisant pour les assistant.e.s et conseiller.e.s techniques de service social.

Le ministre a évoqué une réouverture des établissements scolaires progressive à visée sociale, permettant aux élèves de renouer avec l’école et notamment pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. Il a insisté sur l’importance du rôle joué par les personnels sociaux, précisant “le rôle fondamental pour contacter les familles des élèves décrocheurs et les convaincre d’un retour à l’école“. Il s’est également attardé sur la question de la précarité économique et du “fonds social et autres dispositifs sur laquelle il convient d’être vigilant pour accompagner les besoins“.

Concernant les demandes du SNUASFP FSU sur les conditions de travail des personnels sociaux dans ce contexte particulier, le ministre n’est pas fermé à une réflexion sur l’articulation à mener entre présentiel et télétravail, réflexion qui doit encore être poursuivie. Il s’est montré confiant sur la question des masques, estimant que les établissements seraient dotés de façon surnuméraire et qu’il n’y aurait par conséquent pas d’angle mort en terme de distribution aux agents. Sur les questions matérielles en cas de présentiel (bureau partagé, mise à disposition d’une salle dédiée aux entretiens si nécessaire…), le ministre fait référence au protocole sanitaire existant, précisant qu’il n’était pas possible de s’en soustraire, son non-respect entraînant une non-ouverture des établissements.

Le SNUASFP FSU a également insisté sur les conséquences de la période, conséquences qui vont entraîner une explosion des demandes sociales qu’il s’agisse de la hausse de la précarité attendue ou des effets pyscho-sociaux du confinement. Cette accroissement des demandes nécessite dès maintenant d’abonder les moyens de nos services, à court-terme en augmentant le nombre de postes ouverts aux concours prévus dans les semaines à venir et à moyen-terme en prévoyant un plan pluri-annuel de création de postes. Le ministre a entendu nos demandes à ce sujet et précisé qu’il envisageait de donner plus de moyens au service social sans pour autant préciser la nature et la hauteur de cet engagement.

Le SNUASFP FSU continuera son travail auprès du ministre tant au sujet de la nécessaire sécurité des conditions de travail des personnels sociaux que de l’importance de mettre les actes en accord avec les discours tenus sur “l’importance sociale de l’école“. Avec sa fédération, la FSU, le SNUASFP a fait remonté ses demandes précises par écrit et attend désormais des réponses et des engagements.